Maquette — Histoire du club (contenus à valider par le club).
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Le club › Histoire

Notre histoire

Quatre-vingts ans de tennis de table à Fontenay-sous-Bois, sous trois noms successifs et dans un même esprit : gagner, oui — mais surtout transmettre.

Du Ping-Pong Amical Club des Rigollots, né dans un café en 1946, à l’USF Tennis de Table d’aujourd’hui, en passant par l’Amical Club Sportif de Fontenay des grandes heures — voici l’histoire d’un club de quartier qui a été trois fois champion de France, a reçu la Chine et l’Europe, et n’a jamais cessé de former des joueuses et des joueurs, du baby-ping jusqu’à l’équipe de France.

1945 — 1946

Tout commence au café des Rigollots

Le club est né d’une habitude. À l’automne 1945, quelques amis se retrouvent pour « des parties acharnées de ping-pong » dans un café du quartier des Rigollots. Le 20 octobre 1945, ils décident d’en faire un club.

Le 1ᵉʳ juin 1946, la déclaration est déposée à la préfecture de police. Le Ping-Pong Amical Club des Rigollots a un siège — 151, rue Dalayrac, l’adresse du café — et un objet social d’une belle simplicité : « pratique du ping-pong ».

Ils sont une trentaine de jeunes. Leur premier président, Fernand Laumone, est le patron du café : le club, le café et le quartier portent le même nom. Il présidera jusqu’en 1954, et s’éteindra en 2003, à 96 ans. Le 151 rue Dalayrac est toujours debout.

Affiche du Soixantenaire de la Fédération Sportive de France organisé par le P.P.A.C.R. en 1958
1958 — l’affiche du Soixantenaire organisé par le club à Fontenay.
1946 — 1958

Le P.P.A.C.R. monte, marche après marche

Le club grimpe vite, et sur deux fronts à la fois : la F.F.T.T. et la Fédération Sportive de France, la fédération affinitaire. Il y remporte la Coupe Nationale F.S.F. en 1953, 1956, 1957, 1958, 1959 et 1960 — le magazine écrit en 1958 que c’est « pour la 5ᵉ fois consécutive ».

En 1956, il est champion de France de 2ᵉ Division — invaincu, puis vainqueur 5-4 de la Bayard d’Argentan en finale à Chartres — et monte en 1ʳᵉ Division. L’année suivante, le tandem Robert Parmentier – René Lambert enlève la Coupe de France sans perdre un match : c’est, à ce jour, la seule de son histoire.

En 1958, il reçoit le Soixantenaire de la F.S.F. : neuf jours de rencontres internationales, 5 500 participants, 200 pongistes hébergés. Le 16 octobre, il devient l’Amical Club Sportif de Fontenay.

1959 — 1966

L’âge d’or

Sept saisons, et le club touche trois fois le sommet du tennis de table français.

Le signal vient d’un joueur : en 1960, à Compiègne, Pierre Grébonval est vice-champion de France du simple messieurs — le meilleur résultat masculin de toute l’histoire du club. 1961 : l’équipe Messieurs est vice-championne de France. 1963 : elle est championne, 7 victoires à 2 sur la Bayard d’Argentan. 1965 : elle recommence, avec le quatuor Barouh–Grébonval–Lhomme–Roothooft.

1966 : les Dames sont championnes à leur tour, au terme de l’égalité la plus parfaite qu’on puisse imaginer — mêmes victoires, mêmes points, 105 manches à 21 des deux côtés que l’A.C.B.B., départagées au goal-average.

★ Fontenay devient alors l’un des trois seuls clubs français titrés au plus haut niveau national chez les hommes et chez les femmes.

Coupure de presse — l'A.C.S. Fontenay championne de France par équipes Messieurs 1963
1963 — champions de France Messieurs.
Classement final du championnat de France par équipes 1965-1966 — l'A.C.S. Fontenay 1re en 1re division féminine
1966 — championnes de France Dames (classement final).
Jeannette Gernot et Alima Mokhtari, championnes de France 1966
1966 — Jeannette Gernot et Alima Mokhtari (Bulletin municipal).
Portrait d'Alima Mokhtari dans France Tennis de Table, 1962
1962 — « Un portrait par mois » : Alima Mokhtari.
1963 — 1971

Une décennie de femmes au sommet

Derrière le titre de 1966, il y a un trio : Anne-Marie Antoniaza — devenue Mme Cognet —, Jeannette Gernot et Alima Mokhtari, la future Alima Lambert.

Alima arrive du Stade Français en 1963. Sous le maillot de Fontenay, elle est championne de France du double dames six années de suite — de 1964 à 1969, avec Martine Le Bras : encore aujourd’hui le palmarès individuel le plus fourni du club. Elle y ajoutera six médailles nationales, et un dernier titre vingt-six ans après le premier, chez les vétérans.

Jeannette Gernot, elle, tient vingt ans, et sa Coupe Robert Katz 1965 est un doublé du club — Alima finit deuxième. En 1964, à Vienne, les deux femmes gagnent ensemble le double dames de la F.I.C.E.P. : le plus ancien titre international connu d’une joueuse du club. Et en 1966-67, championnes de France, les Dames reçoivent à domicile la Police de Vienne en Coupe d’Europe.

1964 — 1971

Quand le monde vient à Fontenay

Deux fois, le club fait venir une équipe nationale dans sa ville. Le 29 février 1964, il organise France – Suisse Dames, gagné 5-0 — avec, en équipe de France, sa propre joueuse, Alima Mokhtari. Le club est alors présidé par Marcel Winokour.

Et le 11 novembre 1971, pour ses vingt-cinq ans, il reçoit à la salle Léo Lagrange la sélection de la République populaire de Chine — la meilleure nation du monde. Largement dominée par les Chinois, la rencontre est de celles « que tous les grands clubs auraient souhaité organiser ». La ville les reçoit en mairie, dans un esprit d’amitié entre les peuples.

★ Huit ans plus tôt, champion de France, le club représentait la France en Coupe d’Europe des clubs et recevait le C.S.M. Cluj à l’école Michelet, à ses propres frais. Les Roumains n’obtiendront pas leurs visas à temps.

France – République populaire de Chine à Fontenay, 11 novembre 1971
11 novembre 1971 — la rencontre France–Chine à Fontenay (Archives départementales du Val-de-Marne).
Grand Tournoi National organisé par l'A.C.S. Fontenay au gymnase Auguste Delaune, 1975
1975 — le club organise ses grands tournois nationaux au gymnase Auguste Delaune.
Article : Fontenay, seul club de France avec ses deux équipes fanions en Nationale 1
1974-75 — seul club de France avec ses deux équipes fanions en Nationale 1.
Le grand chelem des jeunes de l'A.C.S. Fontenay au championnat d'Île-de-France F.S.C.F. 1978
1978 — le grand chelem des jeunes en Île-de-France.
1973 — 1984

Douze ans parmi les tout meilleurs clubs de France

C’est peut-être le plus beau chiffre du club, et il ne tient à aucun titre : de 1973 à 1984, l’A.C.S. Fontenay est chaque année 2ᵉ ou 3ᵉ club de France, toutes divisions confondues — douze saisons consécutives dans le top 25 national. Cela ne récompense pas un exploit, mais une profondeur d’effectif.

En 1974-1975, la fédération écrit que Fontenay est le seul club de France à posséder ses deux équipes fanions, Dames et Messieurs, en Nationale 1 : les Dames sont 3ᵉˢ de France, les Messieurs viennent d’être champions de Nationale II. C’est le temps de la famille Gernot et de Marcel Barouh, vingt et un ans de présence continue.

En parallèle, le club mène une seconde vie à la F.S.C.F., avec jusqu’à dix-neuf équipes engagées en une saison. En 1978, ses quatre équipes de jeunes finissent en tête du championnat d’Île-de-France — « pour la première fois dans les annales de la F.S.C.F. ».

1977 — 1991

La salle porte le nom d’un homme du club

En 1977, l’assemblée générale de l’A.C.S.F. se tient dans l’émotion. Jean-Claude Decaudain vient de mourir, à 37 ans. Il était du club depuis seize ans : joueur — champion de Paris de 4ᵉ série en 1965 —, puis secrétaire général. Son frère Robert jouait à ses côtés.

Ce jour-là, l’assemblée décide que les salles rénovées porteront son nom, et la Ville remet la médaille de Fontenay à sa famille. Le nom voyagera avec le club, du local du boulevard de Verdun jusqu’à la salle d’aujourd’hui.

Car en 1990, le gymnase Léo-Lagrange est entièrement reconstruit. Le club suit le chantier de près, et le 16 mars 1991, le maire Louis Bayeurte coupe le ruban. La salle Decaudain est née — celle où le club joue encore aujourd’hui.

→ Découvrir la salle Decaudain aujourd’hui

Mai 1990 — le chantier du nouveau gymnase Léo-Lagrange
Mai 1990 — le nouveau gymnase sort de terre.
Fin 1990 — l'intérieur tout neuf, juste avant l'ouverture
L’intérieur tout neuf, juste avant l’ouverture.
16 mars 1991 — le maire Louis Bayeurte inaugure la nouvelle salle
16 mars 1991 — le maire coupe le ruban.
16 mars 1991 — discours du maire dans la nouvelle salle
16 mars 1991 — le discours d’inauguration.
1991 — l'équipe Messieurs championne de France de Nationale 1
1991 — l’équipe Messieurs championne de France (Bulletin municipal n°175).
1993 — Danny Heister bat Jean-Philippe Gatien
9 mars 1993 — Heister bat Gatien 20-19 puis 13.
1991 — 1995

La salle neuve, et deux titres dans la foulée

La salle est à peine inaugurée que le club renoue avec les sommets. En 1991, l’équipe Messieurs est championne de France de Nationale I — invaincue sur les deux phases — et monte en Super-Division. En février, Fontenay est l’un des trois seuls clubs de France à gagner ses sept matches de première phase. En 1992, elle recommence : second titre consécutif, de nouveau sans une défaite — et la même saison, l’équipe 1 Dames est vice-championne de France.

Vient alors la Super-Division, et une soirée dont on parle encore : le 9 mars 1993, Danny Heister, sous le maillot de Fontenay, bat Jean-Philippe Gatien, alors numéro un français, 20-19 puis 13. En 1995, le club est vice-champion de France de Nationale I, invaincu en poules, avec David Johnston, 10ᵉ joueur français.

1996 — 2010

Le club formateur, et les femmes à l’élite

Le Challenge national Bernard Jeu récompensait chaque année le meilleur club formateur de France. Fontenay le remporte en 1996, 2003 et 2006, et y détient le meilleur bilan de tous les clubs français. Le chemin vaut le titre : 15ᵉ en 2000, 3ᵉ en 2001, 2ᵉ à un point en 2002, vainqueur en 2003.

Côté féminin, l’équipe fanion accède à la Super-Division en 2002 puis à la Pro A en 2005, pendant que l’équipe 2 est championne de France de Nationale 1 en 2005 et 2006. En 2007, l’équipe 1 termine 3ᵉ de Pro B avec un effectif entièrement formé au club — la seule de sa poule à n’avoir recruté aucune joueuse étrangère.

Les jeunes suivent : championnes de France cadettes par équipes en 2004, champions minimes garçons en 2006, et une longue série de titres individuels. Mais les finances se dégradent : en 2010, pour préserver son activité, le club s’unit à l’Union Sportive Fontenaysienne et devient l’USF Tennis de Table, en gardant sa salle, ses entraîneurs et ses équipes.

2005 — l'équipe Dames accède à la Pro A, l'élite du tennis de table féminin
2005 — les Dames en Pro A.
Le club, meilleur club formateur de France au Challenge national Bernard Jeu
Meilleur club formateur de France au Bernard Jeu.
Jean-Claude Bayle, champion du monde vétérans handisport
Jean-Claude Bayle, champion du monde vétérans.
Christophe Chauvin, pratique du handi-tennis de table à Fontenay
Christophe Chauvin, salle Decaudain (2018).
Depuis 1995

Le tennis de table pour tous

Le club accueille des joueurs handicapés dès 1995. La mission entre dans ses statuts en juin 2006, la section handisport est créée en 2008 sous la responsabilité de Jean-Claude Bayle, et relancée en 2011.

Trois champions y ont porté nos couleurs. Philippe Roiné décroche la médaille d’or par équipe aux Jeux paralympiques d’Atlanta, en 1996 — le seul titre olympique ou paralympique de l’histoire du club. En juin 2003, à Zagreb, Julien Soyer devient champion d’Europe en simple, après avoir battu en demi-finale le champion du monde en titre. Et Jean-Claude Bayle est champion du monde vétérans dans sa catégorie.

Il y a aussi les histoires qui ne se comptent pas en titres. Depuis 2015, Christophe Chauvin, victime d’un AVC, rééduque sa mobilité salle Decaudain, raquette en main, coaché personnellement par Danijela Grkovic.

🏓 Ils sont passés par le Premier Pas Pongiste

Deux archives qui font sourire

Chaque année, le club organise à Fontenay le Premier Pas Pongiste, une épreuve créée par la fédération pour faire découvrir le tennis de table aux écoliers de la ville qui ne sont pas licenciés. Des centaines d’enfants y sont passés. Deux d’entre eux ont laissé une trace inattendue.

15 mars 1998 — podium du Premier Pas Pongiste à Fontenay, Blaise Matuidi 1er en CM2 garçons

Le 15 mars 1998, un certain Blaise Matuidi — le bulletin municipal écrit « Matudi » —, écolier à Pasteur Sud, termine 1ᵉʳ de la catégorie CM2 garçons. Vingt ans plus tard, il sera champion du monde de football. Il est l’enfant le plus à gauche sur la photo.

30 mars 2002 — résultats du Premier Pas Pongiste, Stéphane Ouaiche cité

En 2002, un jeune Stéphane Ouaiche figure dans les résultats — 3ᵉ ex æquo du Premier Pas Pongiste départemental CE2-CM1. Douze ans plus tard, il est champion de France.

Depuis 2010

L’ère USFTT : la relève, et le retour

Sous ses nouvelles couleurs, le club reste ce qu’il était : 4ᵉ club de France par le nombre de licenciés et 1ᵉʳ club féminin de France par l’engagement de ses équipes.

Dès 2011, l’équipe Messieurs arrache son accession en Pro B au terme de deux barrages de plus de cinq heures chacun, portée par deux adolescents : Mehdi Bouloussa, 15 ans, et Stéphane Ouaiche, 17 ans, formé au club depuis l’âge de neuf ans. Ouaiche sera champion de France du simple messieurs en 2014 et 2016 — sous d’autres couleurs, mais le club fête ses titres en direct, et il revient voir les jeunes.

Puis vient une génération entière : Chloé Huang, championne d’Europe par équipes cadettes à Lisbonne en 2026 ; Nolan Johnston, champion de France benjamin puis minime et médaillé européen ; Johan Tran Von Der Ohe, champion de France benjamin en 2024 ; et Marion Berthaud, Clara Collinet, Quentin Buo, Alexis Kouraichi, Juliette Hartman sur les podiums universitaires et européens. En 2024, l’équipe 1 féminine est vice-championne de France de Nationale 1 et remonte en Pro B. Le club est de retour là où il aime être.

Nolan Johnston, champion de France minimes en simple (2024)
Nolan Johnston, champion de France minimes 2024.
Chloé Huang et Nolan Johnston sur le circuit international WTT (Vila Real, 2026)
Chloé Huang et Nolan Johnston sur le circuit mondial WTT (2026).
🏓 Une affaire de familles

Le fil ne s’est jamais rompu

Deux des jeunes qui font aujourd’hui briller le club portent un nom qu’on lisait déjà sur les feuilles de match d’il y a vingt ou trente ans. Chloé Huang est la fille de Zhang Jing, pilier de l’équipe 1 Dames qui atteint la Super-Division puis la Pro A, et championne du Challenge national Bernard Jeu en 2003. Nolan Johnston est le fils de David Johnston, 10ᵉ joueur français en 1995 et décisif dans les barrages qui valent au club son vice-titre national. Le club a formé les parents ; il forme les enfants.

Aujourd’hui

Une école de champions, ouverte à tous

Du baby-ping dès 5 ans jusqu’aux équipes nationales, le club forme aujourd’hui plus de 570 licenciés, dont une centaine de joueuses, dans les 1 300 m² de la salle Decaudain et ses 32 tables installées en permanence.

« L’école de ping, c’est notre truc ! », résume Stéphanie Jourdan. La phrase vaut pour 2026 comme pour 1978. C’est sans doute le vrai fil rouge de ces quatre-vingts ans : un club qui gagne, mais qui, surtout, transmet — d’une génération à l’autre, depuis le café des Rigollots jusqu’aux podiums d’aujourd’hui.

Stéphane Ouaiche, formé à l'USFTT, champion de France en simple messieurs
Stéphane Ouaiche, formé au club, champion de France 2014 et 2016.

L’histoire continue — avec vous

Chaque saison ajoute sa page à ce récit commencé en 1946. Les titres, les podiums et les portraits de nos championnes et de nos champions sont à découvrir sur la page Palmarès — et chaque année y est cliquable.

« Une trentaine de jeunes réunis au café. » — c’est ainsi que tout a commencé.

Le palmarès du club → L’école de ping La salle Decaudain